Data di Pubblicazione:
2022
Abstract:
Les relations entre cycles festifs et cycles naturels ont préoccupé les anthropologues
et les folkloristes dès le XIX siècle. Selon les explications magico-animistes de Frazer (1911-1915), les rites printaniers mimaient symboliquement le renouveau et la pousse des végétaux, hâtant leur croissance et favorisant l’abondance des récoltes. Ces auteurs supposaient que les sociétés traditionnelles vivaient en symbiose avec la nature et exprimaient cette relation à travers leurs fêtes. Par opposition, ces auteurs considéraient que les sociétés occidentales modernes avaient oublié cette relation et que la mission des anthropologues et des folkloristes était dès lors de sauvegarder des savoirs populaires en voie de disparition. Dans la continuité de ces questionnements, il paraît cohérent de porter un regard sur les transformations récentes des rituels du printemps et de l'été. Si de nombreuses fêtes agraires anciennes continuent d’exister, plus ou moins appuyées sur d’anciens cultes folkloriques saisonniers, d’autres fêtes qui célèbrent les produits du terroir se sont développées depuis environ un demi-siècle. Ces fêtes de création récente mobilisent les compétences des chercheurs en sciences sociales, ce qui a d’ailleurs suscité une controverse au sujet de la posture que ces derniers devraient adopter vis-à-vis de leur objet. Pour les critiques, il existe un risque à ce qu’une analyse constructiviste des traditions festives et du patrimoine rural contribue à elle seule à produire du patrimoine. Dans le monde italien, il y a le « tomato day », avec ses transformations contemporaines. La préparation ressemble à une fête à la maison et articule des pratiques relationnelles qui se réactivent lorsque la sauce est consommée, qui est donnée aux enfants et petits-enfants comme un précieux témoignage d’amour familial et de nourriture authentique. En décrivant un rite festif qui participe à l’économie domestique des Abruzzes, l'essai montre que les logiques familiales sont plus fortes que la recherche de rentabilité, puisqu’il est plus long et plus pénible de mettre en bocaux soi-même les tomates que de les acheter au supermarché. La fête familiale de la tomate reste cependant importante car elle permet aux italiens émigrés d’emporter « du soleil en bouteilles » pour leur usage privé dans leurs pays d’accueil. La pratique de l’embouteillage des tomates est à la fois un moment de sociabilité festive dans les familles italiennes et une forme de « do it yourself » qui combine attachement local et goût du bricolage.
et les folkloristes dès le XIX siècle. Selon les explications magico-animistes de Frazer (1911-1915), les rites printaniers mimaient symboliquement le renouveau et la pousse des végétaux, hâtant leur croissance et favorisant l’abondance des récoltes. Ces auteurs supposaient que les sociétés traditionnelles vivaient en symbiose avec la nature et exprimaient cette relation à travers leurs fêtes. Par opposition, ces auteurs considéraient que les sociétés occidentales modernes avaient oublié cette relation et que la mission des anthropologues et des folkloristes était dès lors de sauvegarder des savoirs populaires en voie de disparition. Dans la continuité de ces questionnements, il paraît cohérent de porter un regard sur les transformations récentes des rituels du printemps et de l'été. Si de nombreuses fêtes agraires anciennes continuent d’exister, plus ou moins appuyées sur d’anciens cultes folkloriques saisonniers, d’autres fêtes qui célèbrent les produits du terroir se sont développées depuis environ un demi-siècle. Ces fêtes de création récente mobilisent les compétences des chercheurs en sciences sociales, ce qui a d’ailleurs suscité une controverse au sujet de la posture que ces derniers devraient adopter vis-à-vis de leur objet. Pour les critiques, il existe un risque à ce qu’une analyse constructiviste des traditions festives et du patrimoine rural contribue à elle seule à produire du patrimoine. Dans le monde italien, il y a le « tomato day », avec ses transformations contemporaines. La préparation ressemble à une fête à la maison et articule des pratiques relationnelles qui se réactivent lorsque la sauce est consommée, qui est donnée aux enfants et petits-enfants comme un précieux témoignage d’amour familial et de nourriture authentique. En décrivant un rite festif qui participe à l’économie domestique des Abruzzes, l'essai montre que les logiques familiales sont plus fortes que la recherche de rentabilité, puisqu’il est plus long et plus pénible de mettre en bocaux soi-même les tomates que de les acheter au supermarché. La fête familiale de la tomate reste cependant importante car elle permet aux italiens émigrés d’emporter « du soleil en bouteilles » pour leur usage privé dans leurs pays d’accueil. La pratique de l’embouteillage des tomates est à la fois un moment de sociabilité festive dans les familles italiennes et une forme de « do it yourself » qui combine attachement local et goût du bricolage.
Tipologia CRIS:
2.1 Contributo in volume (Capitolo o Saggio)
Keywords:
Heritage, tomato, ritual, food, identity, sustainability
Elenco autori:
Giancristofaro, Lia
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Titolo del libro:
Écologie festive : fêtes, fruits et légumes.
Pubblicato in: